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L’art de perdre d’Alice Zéniter

L’art de perdre d’Alice Zéniter, une nouvelle lecture  de littérature et l’émancipation par nos deux amis Martine et Bertrand. On les remercie pour ce travail littéraire.

Une vidéo d’introduction à la lecture :

 

Présentation de L’art de perdre d’Alice Zéniter

Nous vous présentions aujourd’hui l’art de perdre de Alice Zéniter, paru en 2017 aux éditions Flammarion . Ce roman est une autobiographie fictive dans laquelle la narratrice Naïma essaie
de reconstituer ses origines algériennes et son identité franco algérienne.

Résumé :
Naïma, confrontée à ses origines algériennes, découvre son histoire familiale depuis un grand-père harki, puis un père arrivé enfant en France en 1962, et marqué par un passage dans les camps de transit. Elle raconte ainsi le destin entre France et Algérie d’une famille prisonnière, comme tant d’autres, d’un lourd passé. Le roman s’inscrit donc parfaitement dans cette littérature de dénonciation des conséquences individuelles et collectives du drame de la colonisation et de la guerre d'Algérie.
  • Comment ce roman a-t-il été accueilli ?

Le livre a connu un grand succès public et aussi critique en étant couronné par de nombreux prix dont le plus significatif est peut-être le Goncourt des lycéens..

  • Comment expliquer ce succès malgré un genre littéraire et un thème longtemps enfoui dans notre histoire contemporaine ?

Surement parce que Alice Zéniter a su écrire à partir de la saga familiale une histoire commune à tant de gens. Le roman touche au coeur de l’histoire collective. Celle de la colonisation de
l’Algérie et de ses conséquences mortifères : la guerre d’indépendance ainsi que la place laissée dans la métropole à celles et ceux qui quittent l’Algérie pour la rejoindre de gré ou contraints qu’ils soient « français » ou « algérien ». Il parle aussi à l’histoire personnelle : celle de chacun et chacune, et ils sont innombrables, qui ont un rapport familial avec la période de l’Algérie dite française.
De plus il s’inscrit directement dans la réalité d’aujourd’hui : celle du sort réservé aux générations successives d’après l’indépendance.

On peut également ajouter les spécificités du genre littéraire : l’autobiographie fictive permet au lecteur de s’approprier l’histoire réelle de l’auteur et celle imaginaire du narrateur et l’on passe
ainsi d’un récit intime à un récit collectif voire national. S’exprimer à la première personne permet de donner une sensation d’intimité, de connivence, et de réalité au lecteur. Ainsi les
sujets les plus tabous ( le rôle du FLN, ou la condition de Harki) deviennent plus personnels donc plus acceptables.

  • Alors, comment Alice Zéniter rend-elle compte du vécu des deuxième et troisième générations d’immigrés ?

Essentiellement à travers les personnages que fréquente Naïma, dire toutes les difficultés d’insertion dans une communauté plutôt hostile majoritairement et qui garde des amertumes et
des rancœurs, de ces enfants de travailleurs algériens venus s’installer dans la France de la fin des années soixante, et notamment le sort réservé aux Harkis rejetés par les deux
communautés.
Elle rend compte également du racisme, et des difficultés d’insertion : disposer de la nationalité française sans être considéré comme appartenant à la communauté nationale, pratiquer une
langue différente selon que l’on soit à l’extérieur ou a l’intérieur du cercle familial, le cloisonnement culturel, la place de la femme, la pratique des religions et le poids de la laïcité, et les discriminations de tous genres.

  • En quoi alors la parcours personnel d’Alice Zéniter est-il symbolique de cette histoire franco-algérienne ?

Parce que Alice Zéniter est l’archétype de cette génération : elle est née en 1986 à Clamart d’un père algérien et d’une mère française. Elle suit un parcours scolaire exemplaire : ENS, puis chargée d’enseignement à l’université de Sorbonne. enfin elle est titulaire de la Chaire d’écrivain à l’IEP de Paris. Elle est écrivaine très tôt en publiant à l’âge de 16 ans son premier roman : “deux moins un
égale zéro“.

  • Toute l’œuvre littéraire de AZ est-elle imprégnée de cette histoire personnelle ?

oui mais pas seulement de son histoire franco algérienne : ainsi par exemple “Sombre dimanche” se déroule en Hongrie où AZ a longtemps séjourné en tant que prof de français.
Alice Zéniter est aussi impliquée dans le théâtre, elle crée notamment sa propre compagnie et l’histoire de l’antiquité, ce qui correspond à ses études de lettres. Elle est aussi fortement engagée dans les combats féministes.
Elle a publié huit romans, mais aussi cinq pièces de théâtre deux essais, un roman pour la jeunesse un recueil de nouvelles et aussi trois traductions ( allemand et anglais).

  • Et qu’elle est aujourd’hui l ‘actualité littéraire d Alice Zéniter ?

Son dernier livre est paru chez Flammarion en août 2022, et s’appelle : “toute une moitié du monde ». Il s’agit d’une réflexion sur la lecture, et sur le rôle de la fiction.

Lecture d’extraits du livre d’Alice Zéniter l’art de perdre par Bertrand Gilardeau et Martine Descoubes

 

 

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