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Évènements associatifs

Flora Tristan l’histoire d’un tableau de et par Sandrine Daniel

Dans le cadre de l’année 2021, l’association PourQuoiPas 33, comme d’autres associations participe, malgré les difficultés liées au COVID à la Semaine Amérique Latine et des Caraïbes, suivie des cérémonies du jumelage entre Bordeaux et Lima.  Notre exposition “Flora Tristan une femme dans le Monde“, est en cours de réalisation, elle sera bilingue, grâce au travail réalisé avec les élèves et professeurs du lycée du Mirail, qu’ils en soient remerciés.

Notre amie, Sandrine Daniel a réalisé une composition artistique autour du personnage de Flora tristan et de ses liens avec le Pérou. Composition et œuvre originale déjà appréciée par ceux qui l’ont approchée. Elle méritait d’interviewer l’artiste qui nous donne les clés de son origine.

Une plaque provisoire apposée au 13 rue des Bahutiers à Bordeaux

Ce 8 mars 2021, Journée Internationale des droits des femmes a eu lieu l’inauguration d’une plaque provisoire commémorant Flora Tristan (1803-1844), 13 rue des Bahutiers à Bordeaux. Le tableau de Sandra Daniel était pour cette cérémonie à l’honneur. Rappelons que  Flora Tristan, franco-péruvienne, femme, féministe, socialiste, écrivaine grande voyageuse et chroniqueuse sociale, morte et enterrée à Bordeaux.

Merci à Pascale Roux, Cécile Papin et Brigitte Bloch adjointes au Maire de Bordeaux  d’avoir contribué et porté cette initiative, ouvrant à la fois des événements autour du bicentenaire de la République du Pérou et du jumelage Lima-Bordeaux.
Rappelons que notre Association Pourquoi pas 33, il y a un an avait alerté la municipalité. sur les dégradations commises sur la plaque apposée en 1992.

C’eût été bienvenu de le rappeler…. lors de la cérémonie ….. mais ne boudons pas notre satisfaction.

Un texte de Sandrine Daniel sur Flora Tristan

2021 – Pour que Flora Tristan détrône un Thiers !

Flora Tristan l’histoire d’un tableau

Pour la construction de mes « tableaux militants », je procède comme dans mon métier de chef de produit, j’utilise tout ce que le travail des collections dans la mode m’a appris, tout en ravivant les souvenirs des délicieuses années de restauration de tableaux anciens, où se superposent parfois la mémoire des techniques de BD et des flashes de publicités papier d’autrefois.

Ici j’ai un peu le vertige, car il faut ajouter à cela l’incroyable richesse des matières, couleurs et façons du Pérou, non pas en tant que technicienne accomplie mais fort heureusement en tant que styliste, afin de suggérer plutôt que d’accomplir. C’est ma façon de respecter le talent artisan que je ne maîtrise pas.

Et puis il faut parler de beaucoup de choses à la fois sur une surface somme toute réduite, tout en restant lisible, ce qui ne simplifie pas les choses ! C’est la méthode qui sauve dans ce cas, et pourtant…

Le moteur premier, c’est l’émotion , un recueil de sensations et de réflexions au long cours, sur le forme, sur le fond, des impressions qui bousculent au réveil dans un demi-sommeil, des inspirations qui surgissent au moment où l’on voudrait plutôt dormir… Cela prend des années parfois, un thème en nourrit un autre, l’actualité vient réveiller des moments de découverte que l’on croyait déjà taris… Et on revient toujours au point de départ, l’émotion première et les premières impressions qui infusent gentiment, puis avec indolence s’évaporent et qu’on tente de ressaisir.

Un jour a paru Flora, Flora Tristan. Une rencontre littéraire plaisante, qui me donna l’envie de mieux la connaître. D’abord abreuvée de raccourcis, féministe par ci, lutte ouvrière par là, c’est en accédant à ses propres écrits que j’ai pu la cerner bien plus haut, et saluer l’incroyable travail qui fut le sien pour n’être rien de tous ces « morceaux » réducteurs dont on l’affuble.

Ce travail constant et acharné, c’est celui d’une personne qui a œuvré sans relâche, avec « courage et franchise », pour s’élever sans cesse face aux bassesses de tous bords, et arriver à une maturité intellectuelle et émotionnelle qui interroge quand on se reporte à son siècle : Elle est profondément croyante et ne s’en cache pas, et c’est pour cela qu’elle fustige sans hésiter les religions et leurs représentants dont elle cerne parfaitement l’imposture. Toutes les injustices faites aux « créatures de Dieu » sont listées et commentées dans son œuvre : La relation à l’autre, humain ou animal, quel que soit le contexte, doit être décente, l’abus doit être combattu partout où il est. D’où son implication auprès des travailleurs en pleine période d’industrialisation, et auprès des femmes dont les droits sont alors plus que réduits, le capitalisme et ses effets collatéraux violents n’auront pas mis longtemps à être identifiés… Et clarifiés !

Les « fers de lance » d’aujourd’hui ont malheureusement dans leurs combats tendance à confondre le thème et sa finalité. Certes ils n’auraient que peu de chances de se rendre visibles dans le monde médiatique en s’y prenant autrement.

Peut-être faut-il s’en affranchir pour être Flora, ne pas tomber dans le piège de segmenter ce qui est un tout soigneusement amalgamé, où tout interagit. Flora qui observe, constate, fait parler son cœur puis sa raison. Flora qui construit des actions bien concrètes pour éveiller les consciences assoupies, sans jamais perdre de vue l’ultime but : le monde doit être juste et meilleur pour tous.

Et faut-il que le monde qui fut le sien lui parut endormi pour que s’oubliant de trop dans l’effort, elle succomba encore bien jeune.

Alors comment ne pas avoir envie, quitte à honorer nos pairs, de faire mémoire pour éduquer nos enfants dans le bon sens, et de voir l’espace public rendre un hommage des plus explicites à cette femme remarquable ? Et se dire que l’effort mérite d’être partagé par tous plutôt que porté par un seul être ?

Avec le peuple péruvien, nous partageons par la force des choses ce regard tourné vers la très remarquable Flora Tristan. Puisse ce « tableau militant » réjouir les uns comme les autres, rappel symbolique de la culture péruvienne, de nos destins liés « sans frontières », de l’exemplarité d’une femme qui n’a eu peur de rien, dont les observations, la réflexion et les actions nous ont instruit à bien des égards, nous encourageant à ne pas renoncer à notre propre moralité, et à notre sens du devoir.

Commentaires photos : Un peu comme un mood-bord (panneau de tendances dans le jargon des designers), on se documente, on fait des bouts d’essais (échantillons), on rejette, on valide, on collecte les couleurs, les matières, et on construit peu à peu l’ambiance visuelle, qui sera ensuite peaufinée pour équilibrer correctement les volumes et les tons.

Sandrine Daniel

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