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Évènements associatifs

Le Clown Chocolat est mort à Mériadeck 

Le saviez-vous Mériadeck à l'image de Montmartre à Paris était une commune libre, élisant un conseil municipal et un maire en charge des animations et fêtes mais aussi d'actions de solidarités sociales. « c'est Mériadeck ici ! »
Place Mériadeck un marché aux Puces permanent (début du XXème)

Place Mériadeck un marché aux Puces permanent (début du XXème)

 

 

Le Clown Chocolat est mort exactement au 43 rue Saint Sernin

Le Clown Chocolat est mort le 4 novembre 1917 à Bordeaux, après un dernier tour de piste au cirque Rancy situé sur les Quinconces. Il sera enterré au cimetière protestant. Il est mort dans le quartier Mériadeck au rue Saint Sernin. L’immeuble n’existe plus. Certain pensent qu’il s’agit d’un hôtel alors que d’autres croient se rappeler qu’à cette adresse un bureau d’embauche des gens du spectacle y domiciliait…… Toujours est il que le 43 a disparu et  correspond aujourd’hui à l’emplacement de l’ascenceur qui conduit au parking souterrain situé sur l’actuelle place du “Parc” Gambetta, et à l’angle de la rue Bonnac. 

C’est avec la complicité de Thierry son patron, que les amis du clown Chocolat en 2016 ont apposé sur la devanture du bar le Pépère une plaque en hommage à Chocolat.  Plaque toujours visible sur la façade à côté de celle de la rue Georges Bonnac 

Mais à l’époque, en 1917, ce quartier avait une toute autre tournure. Il était synonyme de misère, de “populace”, de prostitution, équipé de nombreux cafés, bals, d’une vie nocturne, joyeuse et/ou dangereuse, d’un mélange de populations aux multiples origines, provinciales, coloniales, de marins, et …… d’une foire aux puces permanente ou selon la légende, y fut trouvé en 1955 le crâne de Goya  entre autre.

Une ville dans la ville, avec ses codes, ses fonctionnements propres, rythmés par une place ou se retrouvait depuis le milieu du XIXè siècle des Puces ou l’on vendait, tissus, chiffons, antiquités objets de récupérations, fourrage, etc.

Un bric à broc permanent.

L’histoire du quartier Mériadeck

Le quartier doit son nom au prince cardinal de Rohan, Ferdinand Maximilien Mériadecarchevêque de Bordeaux qui y fit construire le palais Rohan en 1771 (qui, en 1833, deviendra l’hôtel de ville). Afin de payer ses créanciers il “offrit les terres à la ville” entre le cours d’Albret et l’actuel cimetière de la Chartreuse.

Cette partie de la ville ne fut qu’un vaste marais, les pipas qui bordaient la ville, occasionant des maladies et notamment la peste. Au début du xviie siècle, la ville fait les premiers travaux d’assèchement. Après la Révolution, la ville laisse contruire des échoppes regroupant une population pauvre, ouvrière et artisane.

Cafés, maisons closes, guinguettes et bals s’y installent. ils animent ce quartier cosmopolite. L’expression : « c’est Mériadeck ici ! » (signifiant : « que de bazar ici ! ») demeure dans quelques familles bordelaises. Elle rappelle de ce fait le vieux Mériadeck et concoure à entretenir sa mauvaise réputation.

Aandonné par les services publics de l’époque, ces « gens de peu » durent s’organiser eux mêmes, d’ou l’origine au début du XXè siècle, d’une commune de Mériadeck, avec son maire et ses adjoints, qui répondaient aux doléances de leurs administrés, tout en organisant des fêtes et réjouissances populaires.

Un clin d’oeil à cette lointaine République de l’Ormée

Constituée d’une population besogneuse réunie autour de petits métiers, entre cour des miracles, des conditions d’hygiène dégradées, une ruche besogneuse, développant des solidarités de classe, créant des associations (le patronage par exemple, des fêtes comme la fête de la rosière, animant un ciné-club).

Le quartier avait la particularité d’être aussi très métissé, d’où peut être la présence du clown chocolat dans ce lieu. 

 

Illustrations tirées du livre Mériadeck défense et illustration des quartiers de peu
    
   
                         
     COMPLET // Mériadeck, un quartier de la prostitution au XIX e siècle ...
Dès la fin du XIXè siècle des populations issus des colonies trouvaient à se loger pas cher et travailler dans de petits boulots, s’intégrant ainsi dans l’ensemble du quartier dans le flux des habitants issus de l’immigration française interne (basques, pyrénéens, bretons, corréziens) et externes (italiens, espagnols). Parmi les arrivants, de nombreux africains, notamment sénégalais.

D’ailleurs en 1917, Bordeaux fut un lieu de passage des troupes africaines et afro-américaines qui transitaient ou travaillaient par et pour le port.

Ce quartier populaire bénéficiait à la fois d’une réputation sulfureuse qui n’empêchait pas les bourgeois et les jeunes garçons de le fréquenter pour les mêmes raisons que les marins et autres visiteurs les maisons dites de tolérances comme Toulouse Lautrec qui transitant par Bordeaux, soit pour rejoindre le château de sa mère, soit pour aller en vacances à Arcachon, faisait halte dans certaines maisons closes.

Contrairement à sa mauvaise réputation, ce quartier mosaïque ou les solidarités s’épanouissaient, permettait le vivre ensemble, pauvrement mais dans le respect et la solidarité.

Le pauvre Chocolat rebaptisé Rafael Padilla, lui y est mort.

Mériadeck entre dans la modernité

L’aventure de ce quartier “de gens de peu” se termina à l’orée des années 70. Pour des raisons d’hygiène, par la volonté de le faire entrer dans la modernité, pour « assainir » et faire triompher le aussi le bétonnage et l’expansion de la ville. 

Expulsions, destructions, rien n’est resté sauf la fontaine (j’ai d’ailleurs retrouvé des photos d’époque ou l’on voit des manifs et une résistance à ces travaux).

   meriadeck   
  
 
 
 
 
 
 
 
 
Ce qu’il reste du vieux Mériadeck aujourd’hui

 

Il ne reste plus rien du vieux quartier Mériadeck si ce n’est la fontaine-lavabo de la Place de Charles Buguet qui était le seul point d’eau du quartier, monnument construit en 1867.

Démontée en 1971 Il semble que ce soit grâce une la persévérance de l’association des amis de Mériadeck que ce retour a été rendu possible après 26 ans d’absence. Ceci expliquant sans doute la plaque apposée sur la fontaine qui indique :

“En souvenir de Patrick Landroz (1949 – 1998) Les Amis de l’ancienne commune libre de Meriadeck”.

C’est donc en décembre 1996 qu’elle a trouvé son emplacement au square Lhote. Démontée en janvier 2012, elle a donc quitté le square pour revenir en mars 2015 sur la place du Colonel Raynal.

Il est temps de donner la parole à l’association des Amis de l’ancienne commune libre de Meriadeck“.

 

 

L’histoire d’un petit village nommé Mériadeck
A l' emplacement de "notre Mériadeck", existait un immense marais alimenté, par le Peugue, la Devèze et le Caudéran.

C' est en 1610 que fut décidé l' assèchement des marais de Bordeaux. Le cardinal Archevêque, François de Sourdis entreprit l'assèchement des marais de l' archevêché, aidé en cela par les Chartreux. Il leur fit construire "le couvent de la Charteuse" dont il ne reste que la porte ( entrée du cimetière, rue G. Bonnac, anciennement rue d'Ares, face à la rue Brizard) et l' église St Bruno. L' ensemble des travaux se prolongea de 1611 à 1622.

La Fronde, puis les troubles de l' armée, n' ayant pas permis l' entretien des canaux, le marais reprend sa place. Il fallut attendre 150 ans pour que de nouveaux on s' intéressa au marais de l'archevêché. Ferdinand Maximilien Mériadeck, prince de Rohan, nommé archevêque de Bordeaux en 1771, demanda au roi (Louis XV, le bien aimé) l' autorisation de démolir l'archevêché, d'en vendre les matériaux, les terrains adjacents et le marais, afin de faire construire un palais digne de son rang.

Des lettres de patentes de mai 1771 et juillet 1772 autorisent l' archevêque à démarrer les travaux. En moins de 15 ans, de 1772 à 1787, tout un quartier a surgi et a été bâti: Le quartier St Bruno.

Le quartier Mériadeck prend son nom, lui, beaucoup plus tard, lorsque s' installent différents marchés sur sa place.

1831 : Le bois à brûler, sarments et charbons.

1860 : La ferraille et les nippes ( vieux vêtements ), permettant à chacun d' exercer commerce sans payer patente.

1867 : Création de la fontaine, dessinée par J. Burget ( architecte de l' hôpital Saint-André ), seul point d' eau courante et potable du quartier.

Les rues jalonnant ce quartier, portaient souvent les noms de leurs acquèreurs, Courpon, Servantoni, Nauville, De Kaver, De Belleyme, Lecoq, etc... Il n' y avait qu'un pas à faire, pour que cette place devienne le marché à la brocante que nous avons connu, entraînant avec lui une population au folklore particulier, Mériadeck était né.

La fontaine devint progressivement le symbole de toute une population cosmopolite.

Commune libre, née aux alentours de la 1ère guerre mondiale, Mériadeck imposa ses frontières (avant ça, il faisait partie intégrante du quartier St Bruno).

L' animation de ce quartier ne tenait pas exclusivement à ses marchés, en effet, en 1774, un dénommé Fleurichard, organise des combats d' animaux à Mériadeck. On constate par tout cela que Mériadeck était un secteur particulier, d' autant plus démarqué lorsque au milieu du 19ème siècle, des bals, des estaminets, des maisons closes, firent leur apparition dans le quartier ("Le Sphinx", "Les Glaces", "Le Sultanat", "Le Lido", "Le Montmartre", "Madame Jeanne") ouvrant leurs portes à toutes les populations masculines transitant par le port, dockers, pêcheurs, marins au long court, et plus tard aux militaires sénégalais, faisant escale à Bordeaux.

Mériadeck avait son statut de quartier, délimité par les rues Georges Bonnac (ancienne rue d'Ares ), Belleville, Anatole France et Ornano. ce village était avant tout et surtout une Commune Libre, avec ses Maires, MM. Marquet, Coster, Mendoze, Guibert. ses réunions au siège de sa municipalité, au "bar Prévot" 29 rue Anatole France.

Ses comités des fêtes dont le dernier président fut Mr. Adelmar ; Pendant la dernière guerre mondiale, plusieurs familles de Mériadeck souffrirent des lois antijuives de Vichy.

Notamment les familles de: Mme Juliette Drai-Benzazon, Mme Esther Fogiel Mr Michel Slitinsky.

En 1955, pour des raisons évidentes d'insalubrité, la municipalité en place fait faire une étude d'urbanisation sur l'aménagement de Mériadeck. Expropriations et travaux prirent leur essor dans la décennie 60-70,

Mais grâce aux "Amis de l' Ancienne Commune Libre de Mériadeck", le 21 décembre 1996, la fontaine retrouvait son quartier.

Voici brièvement résumé l'histoire de ce petit village.

N.B. : Tous ces écrits sont tirés des oeuvres de : Camille Julian, Louis Degraves, Albert Réche, historiens bordelais.
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