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Littérature et lecture africaine par Martine Descoubes et Bertrand Gilardeau pour le guide du Bordeaux colonial 

Littérature africaine Emmanuel Dongala Photo de groupe au bord du fleuve 

La bio en vidéo 

Deuxième roman de notre série consacrée à la littérature africaine : Photo de groupe au bord du fleuve de Emmanuel Dongala, paru en 2010 aux éditions Actes Sud, roman réaliste sur la condition des femmes en Afrique à travers la lutte d’un groupe de neuf femmes pour la reconnaissance financière de leur travail : casseuses de pierre.

Alors en quoi précisément ce roman peut-il être défini comme réaliste ?

Il s’agit bien d’un œuvre de fiction : les personnages sont fictifs, les situations sont fictives également. Mais le propos est essentiellement descriptif des conditions de vie africaine aujourd’hui encore et dans de nombreux pays. Ainsi, à travers le combat des personnages, sont décrites et dénoncées nombre de difficultés de connaît la société africaine : la corruption, le patriarcat, les violences policières, celles faites aux femmes, les détournements de l’état de droit, l’économie parallèle, la précarité ..

et c’est d’ailleurs un genre qu’affectionne l’auteur Emmanuel Dongala. Que sait-on de lui ?

Emmanuel Dongala

il est né en 1941 à Alindao en République Centrafricaine d’un père congolais et d’une mère centrafricaine. Après des études en France et aux États-Unis, il retourne à Brazzaville en tant qu’enseignant de chimie. Il est aussi très impliqué dans la vie culturelle de son pays : il anime le théâtre de l’Éclair et écrit ses premiers romans. Il est engagé également dans la vie politique : ainsi il est forcé à l’exil suites aux guerres fratricides des années 1990 dans son pays…

Il se réfugie aux États-Unis, où il obtient un poste universitaire grâce à un mouvement de solidarité auquel participe notamment Philip Roth.

Sa vie a donc un rapport étroit avec le contenu de ses livres ?

oui c’est déjà le cas avec son premier roman paru en 1973 au titre évocateur : un fusil dans la main, un poème dans la poche » qui traite de la situation en Afrique dans les années 1960 : d’une part le colonialisme et l’impérialisme des blancs qui s’accrochent et de l’autre les états indépendants qui s’installent dans la dictature.

on retrouve encore ce réalisme dans son roman le plus connu surement et par ailleurs adapté au cinéma, Johnny chien méchant qui se déroule également au Congo et dénonce les enfants soldats, la guerre civile et l’espoir d’un monde meilleur grâce à la réussite scolaire ou l’exil loin du continent africain.

Le monde africain décrit par Dongala est donc très pessimiste très désespérant..

par forcement cependant car si mes situations sont décrites effectivement sans filtre et n’épargne pas les violences, notamment celles faites aux femmes violées, soumises par la force physique et matérielle, il y a toujours de l’espoir, des pistes, des propositions dont on devine qu’elle peuvent être des solutions : l’éducation, la solidarité, par exemple.

Effectivement c’est le cas pour photo de groupe au bord du fleuve    : ces femmes qui mènent un juste combat, finissent par réussir à imposer leur revendications malgré tous les obstacles qu’on leur oppose : intimidations, vols, violences, corruption…. ne trouve-t-on pas également cet optimisme à travers son écriture ?

tout à fait car il y paradoxalement pas mal de drôlerie, et même de bouffonnerie mêlée de dérision dans l’écriture de Dongala….: les personnages masculins sont ridiculisés, les femmes de pouvoir moquées. La forme de ce roman s’apparente un peu à la tradition orale africaine : le texte est une adresse au personnage principal par un narrateur qui l’apostrophe à travers une sorte de discours indirect libre qui s’adresserait à un public présent….

Casseuse de cailloux

Résumé de photo de groupe au bord du fleuve

Un groupe de neuf femmes, que des situations de violences ou d’urgence conduisent à concasser des pierres, travail exténuant, se mobilise pour faire valoir leur droit. Elles mènent alors un combat politique, social, humain, afin de recouvrer une justice sociale, mais aussi de gagner en autonomie au sein de la société et un bonheur au sein de leur famille…

La lecture audio  bio et extraits :

Extrait 1 : p17/18 : le vrai prix du travail                                  –  Extrait 2 : p105/106 : la colère des femmes

Extrait 3 : p141/142 : les femmes, comme armes de guerre      –  Extrait 4: p170/172 : un discours de combat

Extrait 5: p227/228 : rencontre avec une ministre                  –  Extrait 6 : p242/243 : rencontre avec la première dame

Extrait 7: p247/249 : souffrance au travail                             –  Extrait 8 : p272/273 : la corruption

Extrait 9 : p325/327 : les petits métiers de l’hôpital                – Extrait 10 : p239/240 : un espoir d’avenir

extraits du film tiré du livre Johnny chien méchant

Johnny, 15 ans, enfant-soldat aux allures de rappeur, armé jusqu’aux dents, est habité par le chien méchant qu’il veut devenir.
Avec son petit commando, No Good Advice, Small Devil et Young Major, il vole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Des adolescents abreuvés d’imageries hollywoodiennes et d’information travestie qui jouent à la guerre …
Laokolé, seize ans, poussant son père infirme dans une brouette branlante, tâchant de s’inventer l’avenir radieux que sa scolarité brillante lui promettait, s’efforce de fuir sa ville livrée aux milices d’enfants soldats, avec son petit frère Fofo, 8 ans.
Tandis que Johnny avance, Laokolé fuit. Des enfances abrégées, une Afrique ravagée par des guerres absurdes, un peuple qui tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d’humanité.

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