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David Diop : la porte du voyage sans retour littérature et colonialisme

 

David Diop Lectures anticoloniales

9ème roman de notre série littérature et colonialisme, le troisième roman de David Diop : la porte du voyage sans retour, paru en 2021 aux éditions du Seuil.

Il s ‘agit du récit d’un père botaniste réputé à sa fille de son long séjour au Sénégal en 1750, entre esclavagisme et colonialisme. Vidéo ici 

Que sait-on de David Diop ?

S’il est né à Paris en 1966, il passe une partie de sa jeunesse au Sénégal, le pays de son père avant de revenir en France pour ses études de lettres. Il est d’ailleurs toujours enseignant : en tant que maitre de conférence en littérature à l’université de Pau et des pays de l’Adour.

Il n’est donc pas écrivain à part entière ?

Il a publié trois romans : en 2012, 2018 et donc 2021. Il continue de mener deux activités très littéraires. Il est cependant reconnu en tant qu’écrivain, notamment parce qu’il a été récompensé par de nombreux prix    le Goncourt des Lycéens pour Frères d’âme, en 2018.

Quels sont les points communs entre ces trois romans ?

Il y en au moins deux qui sont assez évident : l’aspect historique avec la question du colonialisme essentiellement au Sénégal d’ailleurs, et la part du réalité dans des récits de fiction : L’attraction universelle son premier roman raconte la visite d’un délégation sénégalaise à l’exposition universelle de Paris en 1889; Frères d’âme, le deuxième roman relate le sort des tirailleurs sénégalais durant la première guerre mondiale;    et la porte du voyage sans retour narre l’expédition scientifique du biologiste Adanson au 18 è au Sénégal.

Comment histoire et réalité sont mêlées    dans la porte du voyage sans retour ?

Déjà par le titre, car c’est le nom donné à la porte située au rez-de-chaussée de la maison des esclaves de l’ile de Gorée au large de Dakar, ouverte sur l’océan et d’où les esclaves étaient déportés …Ensuite avec le personnage principal Adanson qui a donc réellement existé et a publié un récit de son voyage sur lequel    David Diop s’est appuyé.

Quelle est la part du colonialisme dans le roman?

Diop rappelle comment forts de leurs armes, les européens installent un système pré colonial qui préfigure le commerce triangulaire du 19 è : les Français, essentiellement,    échangent des armes contre des esclaves de l’ivoire et de l’or en utilisant également les guerres et les pouvoirs    des chefs et rois africains de l’intérieur du pays.

Que sait-on du personnage principal Adanson, qui est le narrateur de la plus grande partie du roman ?

C’est un personnage réel et complexe : il reconnait l’existence de la culture africaine, il apprend le Wolof, il partage les repas, il s’habille comme les sénégalais, de plus en    France, il appartient à la Société des Amis des Noirs qui dénonce l’esclavage…    cependant et c’est paradoxale, comme il est désireux de rentrer à l’Académie royale de Paris, il défend officiellement l’esclavage…

Pourtant le roman reste fictionnel, car au-delà des emprunts au récit de voyage de Adanson, Diop raconte les rapports humains entre une fille et son père. Il fait le récit de l’opposition entre deux cultures, et s’interroge sur la question de la place de l’homme dans la nature. De la même façon il considère que    l’Afrique vient avec, voire après, le récit de la transmission à sa fille.

RESUME :

Le botaniste Adanson arrive en 1750 dans une concession française au Sénégal afin d’étudier la flore locale. Son voyage bascule vers la quête d’une jeune africaine promise à l’esclavage, qui se serait évadée en laissant derrière elle autant de pistes que de légendes et dont il tombera éperdument amoureux. Sa fille découvrira après sa mort ce récit qu’il a laissé pour elle caché dans un tiroir de son secrétaire.

écouter les lectures de Martine Descoubes et Bertrand Gillardeau pour la clé des ondes 90.10

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