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Victor Hugo à Bordeaux

Le 26 février 1802 il y a 220 ans naissait Victor Hugo. 

Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. -

Victor et ses séjours à Bordeaux

Victor Hugo à Bordeaux, une première fois Enfant, il traverse la ville en 1811, à l’âge de neuf ans pour accompagner son père le futur général Joseph Léopold Sigisbert Hugo parti faire la guerre en Espagne.

Second séjour de Victor Hugo à Bordeaux en 1843lors de son passage pour son « Voyage aux Pyrénées » accompagné de sa femme de cœur Juliette Drouet. Il réside à l’hôtel Marin, rue Esprit des lois (à proximité de l’actuelle Banque de France). 

Attaché, on dirait aujourd’hui au patrimoine et à sa remise en état, il écrivait cela en 1843

« Prenez Versailles et mêlez-y Anvers, vous avez Bordeaux. » et aussi « Il y a deux Bordeaux, le nouveau et l’ancien. Tout dans le Bordeaux moderne respire la grandeur comme à Versailles ; tout dans le vieux Bordeaux raconte l’histoire, comme à Anvers ». 1

Victor Hugo à Bordeaux en 1871 

Plus tard, en 1871, il effectue son troisième séjour à Bordeaux. Il s’y installa, suivant le gouvernement en exil fuyant l’invasion prussienne. Accompagné des cinq membres de sa famille et de ses quatre domestiques, le 14 février 1871 Victor-Hugo âgé de 69 ans, arrive en gare de Bordeaux. Tous les hôtels étant complets, la mairie lui procure un meublé au 37 rue de la Course, alors que son fils Charles est logé non loin de là, au 13 rue Saint-Maur, près du Jardin-Public. 2

L’Assemblée Nationale siège donc au Grand-Théâtre, et c’est le député maire Émile Fourcand qui accueille le député Victor-Hugo le 16 février. 3

« L’ovation que m’a faite le peuple est regardée par la majorité comme une insulte pour elle. A ma sortie on m’a averti que la foule m’attendait sur la grande place. Je suis sorti pour échapper à l’ovation par le côté du palais (grand théâtre) et non par la façade, mais la foule m’a aperçu et un immense flot de peuple m’a tout de suite entouré en criant : Vive Victor-Hugo. J’ai crié Vive la République ….Tous y compris la Garde nationale et les soldats de la ligne, ont crié : Vive la République. J’ai pris une voiture que le peuple a suivie ». 

Le 28 février 1871, « Thiers a apporté à la tribune le traité. Il est hideux » s’exclame le grand homme, il déclare le lendemain à la tribune :

« Cette paix est honteuse, infâme pour l’Allemagne qui viole le droit et abuse de la force. La honte retombe sur Napoléon III, l’homme de décembre. Je sens très bien que la France en ce moment est épuisée et défaillante. Mais je veux sauver la France de l’avenir qui lui demandera compte de son vote de la France d’aujourd’hui. Elle se plaindra d’avoir été abandonnée.

Suite au Traité négocié par Thiers, la France perd 1.447.000 hectares, 1.597.000 habitants, 1694 communes et 20%  de son potentiel minier et sidérurgique.

Le 8 mars, la séance est particulièrement houleuse car l’assemblée refuse de recevoir Garibaldi, ce qui entraîne la démission de Victor-Hugo qui proclame : 

« Il y a trois semaines, l’Assemblée a refusé d’entendre Garibaldi, aujourd’hui elle refuse de m’entendre, cela suffit. » 

Victor Hugo et ses deux fils Charles et François Victor vers 1860

Décidément si Victor Hugo aime la République et Bordeaux, la ville accompagne malheureusement ses deuils ; sa fille, Léopoldine se noie avec son mari le 4 septembre 1843 lors de son séjour. Son fils Charles, meurt le 13 mars 1871, frappé d’une congestion cérébrale dans le fiacre qui le conduit au Café de Bordeaux ou l’attendait pour déjeuner sa famille. Le corps de Charles sera rapatrié à Paris par train. En plein soulèvement de la Commune de Paris, les insurgés vont escorter le convoi funèbre jusqu’au caveau familial du Père Lachaise.

“C’est ici le combat du jour et de la nuit » c’est sur ces dernières paroles que Victor Hugo mourut le 22 mai 1885.

Il a 83 ans et laisse derrière lui une œuvre monumentale. Une semaine après son décès, le conseil municipal de Bordeaux s’associe au deuil national décrété après sa disparition et renomme les fossés de l’Hôtel de Ville cours Victor Hugo.

Comme quoi il n’est pas impossible de dénommer l’avenue Thiers : signez la pétition 

Nostalgie ????

Victor Hugo (1802 – 1885), une vie 

Victor Hugo surpasse par sa puissance créatrice, son imagination et l’étendue de ses talents tous les écrivains de sa génération. Il demeure aussi aux yeux du monde « le plus grand poète français.. hélas », selon la formule plaisante de l”écrivain André Gide. 

Victor Hugo naît à Besançon le 26 février 1802, sous le Consulat… Les héros de l’épopée révolutionnaire et impériale ne savent pas encore qu’ils ont gagné le plus grand mémorialiste qui soit. En 1819, Hugo reçoit ses premières récompenses de l’Académie des Jeux floraux (Toulouse) pour deux odes royalistes. Le jeune poète se range parmi les ultra-royalistes et chante la naissance inespérée du duc de Bordeaux, ce qui lui vaut une substantielle récompense du roi Louis XVIII. En 1825, il reçoit la Légion d’Honneur en même temps que son aîné Lamartine. Il assiste aussi à Reims au sacre de Charles X, successeur de Louis XVIII

Dès cette époque, Victor Hugo s’engage contre la peine de mort.  Le poète n’est pas seul, loin de là, dans ce combat d’avant-garde. Dès les années 1820, de nombreux bourgeois éclairés veulent comme lui en finir avec ce reliquat de la barbarie. François Guizot échoue de peu à faire voter une loi dans ce sens.À l’avènement du roi bourgeois Louis-Philippe 1er, le poète s’affiche en chef de file de la jeune génération de l’école romantique et s’attire très tôt une célébrité nationale et internationale avec Hernani ou encore Notre-Dame de ParisIl se fend de quelques vers patriotiques en l’honneur des victimes de la révolution des « Trois Glorieuses » en 1830 :

« Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie... » (*).

Avec son ami Alexandre Dumas, il fonde le théâtre de la Renaissance en 1838, pour lequel il crée Ruy Blas. Il voyage aussi en France et en Europe, multipliant les notes et les croquis. Ces derniers témoignent d’un talent certain de dessinateur et lui eussent assuré à eux seuls la notoriété s’il n’y avait eu l’écriture.

La mort tragique de sa fille Léopoldine, en 1843, détourne Victor Hugo de toute publication d’envergure pendant une dizaine d’années. Académicien dès 1841 et pair de France en 1845, il devient un notable et fait figure de fossile auprès des nouvelles générations d’écrivains, Flaubert… 

Quand survient la révolution républicaine de 1848, animée par des libéraux et des républicains modérés, lui-même s’en tient à l’écart et même s’y oppose, fidèle à son passé royaliste. Mais dans les mois suivants, sa conscience politique se réveille.

Il vire à gauche (« J'ai grandi ! » dira-t-il en 1854 de ce moment-là).

Quand tout le continent entre en ébullition, il se fait le champion de la « Révolution des peuples » et en appelle à la création des États-Unis d’Europe.

Il s’engage aussi aux côtés de Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er et candidat aux premières élections présidentielles, appréciant son côté social, voire socialiste. Mais, déçu de n’avoir pas obtenu le ministère de l’Éducation qu’il convoitait, il se fâche avec le prince-président.  Après le coup d’État par lequel Louis-Napoléon rétablit l’Empire, le poète s’exile volontairement avec sa famille et sa maîtresse Juliette Drouet à Bruxelles, puis sur l’île anglo-normande de Jersey, enfin sur celle de Guernesey.

Il va y résider jusqu’à la chute de l’Empire, refusant avec obstination les amnisties et le pardon de l’empereur : « S’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! ». Paradoxalement, cette fuite de 20 ans lui vaut une seconde naissance, réalisant son souhait secret. « Je veux l’influence et non le pouvoir », avait-il écrit en 1848.

Enfin rasséréné, il se livre au grand projet romanesque en gestation depuis trente ans : Les Misérables. La publication du roman  en 1862 lui vaut une popularité dans tous les pays et toutes les classes sociales.

Orgueil de la République

Victor Hugo ne consent à rentrer à Paris qu’au lendemain de la proclamation de la République, le 5 septembre 1870. Le vieillard traverse Paris au milieu d’une foule émue et reconnaissante. Le jour de ses 80 ans, Victor Hugo a la surprise de voir les Parisiens joncher de fleurs la portion de l’avenue d’Eylau où il habite, au n°130. Le même jour, la municipalité donne son nom à cette même voie, ce qui lui permettra de voir son adresse ainsi libellée : « Monsieur Victor Hugo, en son avenue » !

À sa mort, le 22 mai 1885, Victor Hugo bénéficie de funérailles grandioses autant qu’émouvantes. Aux côtés de son contemporain Louis Pasteur, le poète symbolise le triomphe de la République et la plus grande gloire de la culture française.

Bio emprunté au blog d’Hérodote https://www.herodote.net/Ce_siecle_avait_deux_ans_-synthese-257.php

Pour fêter ensemble les 220 ans de la naissance du Grand Homme :

https://assopourquoipas.org/2022/02/07/demain-ne-peut-attendre-victor-hugo/

3Brochure sur les Révoltes Populaires à Bordeaux et en Aquitaine pages 21-23 assopourquoipas.org

Séries d'articles : Histoire de voir ... histoires au pluriel

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