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Une histoire des jardins ouvriers aux incroyables comestibles  en passant par les biens communaux 

Il ne s’agit pas de faire un long exposé sur une pratique historique traditionnelle, pratique remise au goût du jour à la fin du XIXe siècle avec les jardins ouvriers et au début de ce millénaire avec les Incroyables Comestibles, voir les ZAD,  à savoir l’utilisation avec ou sans autorisation des terrains pour permettre la survie des plus pauvres.
Au Moyen Âge les biens communaux appartenaient souvent à un seigneur ou à l’Eglise, qui en autorisaient l’accès pour l’utilisation en commun par les habitants (de bois, prés, landes et marais …) soit à titre gratuit, en échange de corvées ou d’un impôt, leur permettant tout à la fois de subvenir à leur survie et permettre le repos des terres.  .
A partir du XVIe siècle, les seigneurs essayent de reprendre ces terrains pour y développer leurs productions. En Angleterre se développe ces récupérations dans le mouvement dit des enclosures 
entrainant des révoltes paysannes, comme la rébellion de Kett occasionnant la mort de plusieurs milliers de paysans et leur migration dans les villes et la misère.

Ce mouvement est similaire en France provoquant là aussi des résistances pour se partager entre propriétaires ces terrains communaux. C’est après la Révolution Française, en 1793 que le gouvernement légifère ensuite pour partager ses biens communaux, en autorisant leur vente, à des propriétaires individuels.

La bourgeoisie rachète à cette occasion une grande partie des biens (bâtiment, étangs, prairies, bois et forêts), auparavant détenu par l’Eglise, la noblesse ou des ennemis de la République.
Ces transferts d’usage de propriété auront d’importantes conséquences sociales et environnementales.

Revenons à cette histoire plus récente de la création des jardins ouvriers à la fin du XIXe siècle, et des incroyables comestibles au début du millénaire, qui ont en commun, l’idée de permettre aux familles ouvrières d’y trouver une amélioration de leur subsistance.

Ces jardins situés en périphérie des villes sont constamment sous la pression des promoteurs immobiliers.

C’est le thème de ce reportage dans l’émission Histoire de voir … histoires au pluriel tous les mercredis de 12h10 à 13 h sur la clé des ondes 90.10. Ecoutez

Les jardins ouvriers : une autre histoire !

D’où proviennent les jardins ouvriers ? 

Les jardins ouvriers sont théorisés en 1896 par l’abbé Jules-Auguste Lemire (1853-1928), à l’époque député-maire chrétien d’Hazebrouck en Flandre Française (Nord), dans le but d’améliorer le sort des ouvriers grâce à la mise à disposition d’une parcelle par les municipalités qui serait vouée aux cultures potagères. Voici ce qu’écrivait l’abbé Lemire :

S’ils permettent aux ouvriers d’échapper à leur taudis en profitant d’un air plus respirable, ils les éloignent aussi des cabarets et encouragent les activités familiales au sein de ces espaces verts“.

Avant l’abbé Lemire, c’est une femme, Félicie Hervieu, proche de la démocratie chrétienne, pas convaincue par la charité chrétienne mais intéressée par les innovations sociales destinées à améliorer le quotidien des ouvriers, qui va créer les premiers jardins ouvriers à Sedan en 1893, dirigés par des femmes. A Saint Étienne, le Père Volpette copie l’initiative en 1895, et enfin, l’année d’après, l’abbé Lemire contribue à les multiplier sur l’ensemble du territoire.

La création des jardins ouvriers à la fin du XIXème siècle correspond à un moment de tensions politiques et sociales. Les buts politiques et moraux n’en sont pas absents dans cette volonté d’encadrer les ouvriers hors de l’usine pour éviter qu’ils ne le soient par le parti ou le syndicat. C’est l’époque des grands patrons paternalistes. Il n’en reste pas moins que ces jardins se sont transformés en jardins familiaux, partagés, collaboratifs… Ils rejoignent la question de l’agriculture urbaine et de la place de la nature en ville

Des jardins ouvriers aux jardins familiaux
article sur Bordeaux.fr

article sur Bordeaux.fr

Après la seconde guerre mondiale, les jardins ouvriers sont devenus des jardins familiaux car la mise à disposition de parcelles de terrain s’est ouverte à d’autres catégories socioprofessionnelles. L’appellation a changé mais l’objectif est resté le même à savoir disposer, moyennant une redevance annuelle, d’un jardin familial pour les loisirs, la culture de fleurs, fruits et légumes de son choix en excluant tout usage commercial.

En 2007, le Conseil national des jardins collectifs et familiaux (CNJCF) est créé avec pour ambition d’encourager et de promouvoir le développement des jardins collectifs et familiaux, d’initier et/ou de participer aux actions en faveur de la connaissance, de la promotion et de la protection du patrimoine végétal et de la biodiversité.

Les jardins familiaux ont longtemps souffert de leur appellation d’origine faisant référence aux ouvriers, et aux classes laborieuses. En outre, géographiquement, les municipalités les reléguaient généralement aux périphéries de la ville, vers des zones incultes pas toujours très avenantes voire parfois polluées (bord d’autoroute, de chemin de fer, zone inondable, etc.) et manquant de raccordement aux réseaux (eau, électricité). Ils sont aujhourd’hui menacés par les extensions urbaines et la voracité sans fin des promoteurs immobiliers.

L’intérêt pour le jardinage, les légumes bio, la traçabilité des produits consommés, les circuits courts, le développement durable et la préservation de la planète, de plus en plus de villes et de communes, réinvestissent du foncier pour le consacrer à des jardins familiaux et jardins partagés, vecteurs de lien social à nouveau recherché. En outre, des panneaux solaires et des systèmes de récupération d’eau de pluie font aujourd’hui partie des équipements installés par les municipalités qui imposent souvent un jardinage biologique excluant tout intrant chimique.

Victimes de leur succès, aujourd’hui, les jardins familiaux font face à des listes d’attente…ce qui entre en écho avec les Incroyables comestibles et la volonté de se réapproprier et maîtriser sa nourriture et la proximité

 

Aux Incroyables Comestibles

Todmorden, là où tout à commencé

Le mouvement participatif citoyen d’agriculture urbaine et  d’abondance partagée Incredible Edible (Les Incroyables comestibles) est né en 2008 à Todmorden, petite ville de 15.000 habitants située dans une vallée du Yorkshire, à une trentaine de kilomètres au nord de Manchester, et qui compta jusqu’à 25.000 habitants au début du siècle dernier.

Depuis quelques décennies, l’histoire de la ville raconte un lent, mais profond déclin : crises, désindustrialisation,  chômage, précarité, exclusion, exode …

En 2008, la crise des subprimes donne le coup de grâce, et promet à ce territoire et à ses habitants un bien sombre avenir. C’est la même année que Mary CLEAR et Pam WARHURST, deux mères de famille de la ville, constatant que face à cette situation de crise et de déclin, il n’y a rien à attendre de l’extérieur, il serait temps pour la ville et ses habitants de sortir de l’état de victime, de réagir et de prendre son destin en main.

Les premières graines d’abondance partagée

En quelques années, l’histoire de cette ville anglaise, désormais indissolublement liée à celle des Incroyables Comestibles, s’est peu à peu transformée en une légende devenue planétaire : on vient du monde entier pour prendre connaissance de cette initiative pionnière, qui développe aussi le renouveau de la ville en passe par un élan de mobilisation citoyenne, de mise en commun et de partage.

Le mouvement étant désormais présent par ses actions dans plus de 25 pays, sur tous les Continents.

Et c’est là que l’histoire s’arrête, et que la légende commence !

Ce renouveau, puis la métamorphose de la ville a commencé par un simple pied de rhubarbe planté dans un bac de fleurs de la ville, avec l’écriteau aujourd’hui célèbre : « Food to Share  »

Les Incroyables comestibles à Bordeaux

Les Incroyables Comestibles Bordeaux est une association à but non lucratif, qui a pour objectifs :

– Exercer ses activités sur une zone de déploiement qui comprend la ville de Bordeaux.

– Créer une abondance gratuite de nourriture à partager pour toutes et tous, dans une démarche d’autonomie alimentaire locale, saine, durable, engagée et inclusive.

– Étendre le champ des connaissances et des compétences des citoyen.ne.s en matière de culture de comestibles.

– Participer à la pratique de l’écocitoyenneté par le jardinage, le partage de la terre, la création de lien social et aux transmissions intergénérationnelles.

– Promouvoir le droit de chacun.e à vivre dans un environnement sain et préservé .

– A respecter le vivant et les cycles naturels.

– A protéger et prendre soin des sols, et de développer la biodiversité par le recours à des techniques de culture bio-naturelle : agroécologie, permaculture et biodynamie.

Afin de contribuer à ces objectifs, Incroyables Comestibles Bordeaux entend se donner tous les moyens. Il s’agit en particulier de :

– Mettre en place une gestion de graines, d’ensemencement, de plantation, d’entretien, de récolte, de distribution et toutes activités de culture potagère et végétale.

– De récupération, de recyclage et de mise en commun de matériaux, d’objets, d’outils et de tous moyens nécessaires à la mise en œuvre de ses activités.

– De mettre en place des ateliers théoriques et pratiques, d’outils de communication et de toutes autres formes de transmission de la connaissance, pour parfaire les savoirs et le savoir-faire des membres et sympathisant.e.s, dans une démarche d’éducation populaire.

– De dialogue et d’échange de propositions avec les pouvoirs publics, les acteurs sociaux et éducatifs, les acteur.rice.s privé.e.s, entre les citoyen.ne.s et tous autres partenaires intéressés par la démarche, dan le respect d’une convention établie entre les parties.

Les citoyen.ne.s adhérant.e.s s’engagent à respecter la charte fondamentale du mouvement « Incredible Edible ».

De nombreuses actions ont lieu à Bordeaux :

Mériadeck, Saint Michel, Saint Seurin, Bordeaux Lac, Bacalan, Saint Paul & Saint Pierre, Nansouty, Quinconces. Les Incroyables Comestibles sont une force de proposition, pouvant à terme influencer l’aménagement urbain.

N’hésitez pas à parler des Incroyables Comestibles autour de vous et/ou à partager vos idées !

Vous souhaitez initier un jardin comestible dans Bordeaux, faites nous en part !

CONTACTS ET INFOS MAIL: incroyablescomestiblesbordeaux@gmail.com – https://www.facebook.com/Incroyables-Comestibles-Bordeaux

Pour y adhérer, vous pouvez le faire en ligne : https://www.helloasso.com/…/incroyables-comestibles

 

L'association PourQuoiPas après la lutte pour préserver les 17 marronniers de la Place Gambetta a organisé des déambulations sur l'histoire des jardins à Bordeaux 

Si vous êtes intéressés contactez nous  en retour !
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