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La Commune de Paris vue de Bordeaux

La Commune de Paris et ses faibles répercussions à Bordeaux s’expliquent tout d’abord sur la fin de l’Empire qui dans le cadre de la libéralisation politique de la fin de cette dictature a vue la montée des républicains, lors des élections pluralistes, qui offre aux élections municipales de 1869, un paysage politique bordelais quadripolaire.

Le bloc de la droite dure (bonapartistes et royalistes), un bloc de droite et centre droit (républicains modérés), un bloc de centre gauche modéré et enfin un petit bloc pluriel d’extrême gauche. Des réunions publiques depuis 1868 se multiplient et le plébiscite de mai 1870 rassemble 65,5 % de votes hostiles à Bordeaux (mais reste minoritaire en Gironde, fidèle à Napoléon).

1871-buste-dEmile-Fourcand-Musee-des-Beaux-Arts-Bordeaux.

Aux élections municipales d’août, la droite est battue et c’est Émile Fourcand (1819 – 1881) qui est élu au centre gauche. Il proclamera la IIIe République le 4 septembre 1870 au Palais Rohan à Bordeaux … des courants populaires se cristallisent en vue d’une République sociale : ils sont animés par les délégués des cercles ouvriers, des employés, de petits bourgeois, d’artisans avec les membres de l’AIT représentés à Bordeaux par Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx.

Le 1er janvier, le ministre de la Guerre Gambetta est reçu avec enthousiasme sur l’actuelle Place de la République par les Bordelais décidés à poursuivre le combat.

L’Assemblée Nationale réunie à Bordeaux au Grand Théâtre

Le Gouvernement de Défense Nationale se replie à Bordeaux qui devient la capitale provisoire de la France. Pour valider l’armistice signé à Versailles le 28 janvier par Adolphe Thiers, Bismarck, impose l’élection d’une l’assemblée. Adolphe Thiers triomphe, devient chef du pouvoir exécutif…. Le 12 février l’Assemblée Nationale est réunie au Grand Théâtre. Louis Blanc, Victor Hugo, Edgar Quinet, Millières et le jeune Clémenceau prennent la défense de l’Alsace et de la Lorraine. Laissons au journaliste Émile Zola le décrire :

« Imaginez une chapelle ardente ; on entre là à deux heures, avec du soleil plein les yeux, et l’on tombe dans une salle éclairée par trois lustres. En bas les banquettes rouges ; sur la scène, dont le rideau est levé, une tribune et une estrade tendues de draperies pourpres, au milieu d’un décor de salon. C’est là que la France va être exécutée. On cherche le bourreau dans les coins d’ombre. Aux galeries, dans les loges, beaucoup de dames, un public de première. Les mains gantées tiennent des lorgnettes. (13 février 1871) »

Le dénouement a lieu le 28 février et Thiers fait adopter par 546 voix pour, 107 contre, le diktat de Bismarck – Cession de l’Alsace, de Metz et de la Moselle, – Indemnités de 5 milliards de francs à verser en trois ans – avec occupation prussienne pour en garantir le paiement.

Le “Pacte de Bordeaux ” 

Victor Hugo au Grand Théâtre aquarelle originale Henri Plandé 2021

 

Le 10 mars Adolphe Thiers scelle avec les monarchistes le « pacte de Bordeaux » confirmant l’alliance entre conservateurs. Le 11 mars l’Assemblée retrouve Paris, puis se réfugie à Versailles dès l’insurrection du 18 mars à Paris.
Au cours de cette session bordelaise agitée, Victor Hugo, qui défend le droit du député Garibaldi de siéger, reste intransigeant sur la défense de la République, déclare :

 

« L’Assemblée est une chambre introuvable, nous y sommes dans la proportion de 50 contre 700. Ils ont refusé d’entendre Garibaldi, qui s’en est allé. Nous pensons, Louis Blanc, Schoelcher et moi, que nous finirons, nous aussi, par là. La sympathie de la ville pour moi est énorme. Je suis populaire dans la rue et impopulaire dans l’Assemblée. C’est bon. »

Paul Lafargue après le départ de l’Assemblée à Versailles, dans une lettre transmise à sa belle sœur Jenny Marx :

« Bordeaux a repris son calme et sa placidité depuis le départ de nos honorables ruraux, cela au grand désespoir de nos restaurateurs et hôteliers qui faisaient leur beurre des malheurs de Paris. »

18 mars Place à la Commune de Paris

Extraits de la brochure la suite dans  Les révoltes Populaires à Bordeaux et en Aquitaine des Pitauds aux Gilets Jaunes en vente ici 

Nous faisons régulièrement des déambulations sur des thèmes comme celui sur la Commune : la prochaine aura lieu le  dimanche 20juin rdv 14h Monument aux Girondins c’est ici 

Le Programme du colloque 2021 06 11 FLYER PROGRAMME_COLLOQUE révoltes populaires en Aquitaine

Signez la pétition pour dénommer l’avenue Thiers et l’honorer du nom de Louise Michel c’est ici pour signer 

Séries d'articles : guide de Bordeaux colonial

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