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Une fourmi de dix huit mètres

avec un chapeau sur la tête,

ça n’existe pas, ça n’existe pas.

Une fourmi traînant un char

plein de pingouins et de canards,

ça n’existe pas, ça n’existe pas.

Une fourmi parlant français,

parlant latin ou javanais,

ça n’existe pas, ça n’existe pas.

Eh ! POURQUOIPAS ?

Robert Desnos

Robert Desnos, né le 4 juillet 1900 à Paris 11è, est mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libérée par l’Armée rouge.

Hum ….la fantaisie est manifeste, mais où se cache le réel ? Sourit Verdet. -Eh bien, répond Robert (Desnos), cette fourmi de dix huit mètres ne ressemble t’elle pas à une locomotive, et son chapeau à un panache de fumée ? Dix huit mètres, c’est la longueur précise d’une locomotive avec son tender à charbon.

Et ces passagers de toutes les races parlant des langues différentes.….. sont les déportés ? Souffle Vernet, songeur. – C’est bien possible, murmure Robert. Et le fait qu’on emporte tous ces gens vers un lieu effrayant, que disparaissent ainsi des milliers de femmes et d’enfants, c’est tellement dur à croire. Et pourtant. – Mais vous l’adressez aux gosses, qui s’arrêteront à la fantaisie. – Bien sur répond Robert. Et c’est bien ainsi. Le réel donne au poème son sens caché. Eux n’en ont pas encore besoin, ils le découvriront bien assez tôt. *

Chantée par la regrettée Juliette Gréco mais qui y’a t’il derrière ses paroles enfantines …..

A lire, Légende d’un dormeur éveillé

Gaëlle Nohant

*Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant Livre de poche ed 2019 pages 412/413

« Du Montparnasse des Années Folles au Paris de l’Occupation, Gaëlle Nohant ressuscite un héros incandescent, généreux et libre. Ses amis s’appelaient Jacques Prévert, Louis Aragon, Jean Louis Barrault, Garcia Llorca ou Pablo Néruda. Poète, amoureux, résistant, féroce et blagueur, il croquait la vie, aimait Youki et la liberté à en mourir .
Ce roman qui résonne comme un hymne à l’amour et à l’amitié , à la réovolte et à la joie de vivre, est l’histoire d’une rencontre inoubliable.
 »

Portrait de Robert Desnos

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie.

Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et rejoint en 1922 l’aventure surréaliste. Il participe alors de manière éclatante aux expériences de sommeils hypnotiques et publie avec Rrose Sélavy (1922-1923) ses premiers textes qui reprennent le personnage créé par Marcel Duchamp.

Dans les années 1924-1929, Desnos est rédacteur de « La Révolution surréaliste » mais rompt avec le mouvement quand André Breton veut l’orienter vers le Communisme. Il travaille alors dans le journalisme et, grand amateur de musique, il écrit des poèmes aux allures de chanson et crée avec un grand succès le 3 novembre 1933, à l’occasion du lancement d’un nouvel épisode de la série Fantômas à Radio Paris « la Complainte de Fantômas ».

Le poète devient ensuite rédacteur publicitaire mais concerné par la montée des périls fascistes en Europe, il participe dès 1934 au mouvement frontiste et adhère aux mouvements d’intellectuels antifascistes, comme l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires ou, après les élections de mai 1936, le « Comité de vigilance des Intellectuels antifascistes »

En 1940 après la défaite il redevient journaliste pour le quotidien « Aujourd’hui », et dès juillet 1942 fait partie du réseau de Résistance AGIR. Il poursuit ses activités de Résistance jusqu’à son arrestation le 22 février 1944. Il est déporté à Buchenwald et passe par d’autres camps avant de mourir à Theresienstadt, en Tchécoslovaquie : épuisé par les privations et malade du typhus, il y meurt le 8 juin 1945, un mois après la libération du camp par les Russes. La dépouille du poète est rapatriée en France, et Robert Desnos est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.

Son œuvre comprend un certain nombre de recueils de poèmes publiés de 1923 à 1943 – par exemple « Corps et biens » (1930) ou « The Night of loveless nights » (1930) – et d’autres textes sur l’art, le cinéma ou la musique, regroupés dans des éditions posthumes.

Desnos et youki

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