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De la traite négrière au colonialisme

Prévue dans le cadre de la quinzaine de l’égalité, la ville de Bordeaux annonce une « Inauguration des plaques de rues portant le nom de Bordelais ayant été impliqués dans la traite négrière », le 2 décembre 2019. Rappelons que depuis plus de 10 ans, des associations comme Mémoires et Partages le demandaient face à la municipalité de Juppé qui bloquait.

Bref il s’agit là encore d’une demi mesure à la bordelaise. Place Mareilhac, Rue de Grammont, Passage Feger, Rue Desse, Cours Journu-Auber et Rue David-Gradis se verront donc attribuer un panneau explicatif à défaut d’être débaptisées. Demi mesure qui efface en partie le rôle de ces personnages dans la traite négrière, pourtant considérée comme un crime contre l’Humanité ????

Débaptiser les rues de négriers

Comme l’écrit Karfa Dialo dans cet article de MédiaPart : « Le fait est que l’esclavage à Bordeaux, ce n’est pas uniquement le problème du commerce triangulaire. Avec 500 expéditions ayant concerné 150 000 esclaves entre 1672 et 1837, le port bordelais est resté loin derrière Nantes et ses 500 000 esclaves déportés. Mais c’est bien sur les plantations de Saint-Domingue que Bordeaux a assis sa fortune. Or, qui dit plantations dit esclaves par dizaines de milliers, ainsi qu’en témoignent les salles XVIIIe du musée d’Aquitaine. Et là, cela concerne beaucoup plus de monde, et pas seulement une liste de 17 ou de six noms. »

en passant par le clown Chocolat

Affiche inauguration

Le 4 février 2017, grâce au soutien de nombreuses associations, organisations bordelaises, l’appui de la mairie, l’accueil du cirque tzigane Romanès, PourQuoiPas et les amis du clown Chocolat, était inaugurée une aire Rafael Padilla dit le clown Chocolat devant l’Espace Darwin rive droite. Là aussi ce fut un combat mémoriel pour honorer cet enfant, né à Cuba, de parents esclaves, esclave lui même, devenu le premier artiste noir en France. Mais aujourd’hui lorsque l’on passe devant cette plaque qui indique l’emplacement d’un parking, encombré d’immondices, on se dit que c’est le renvoyer dans les “Poubelles de l’Histoire” et cela procure de la honte et l’illustration d’une stratégie municipale des demi-mesures protégeant le Centre et renvoyant vers la périphérie les questions qui fâchent.

à celles célébrant le noms des colonialistes

Cette mobilisation autour des rues négrières, se prolonge par la volonté de mettre aussi en lumière le nom des rues portant celles des colonialistes, honorés ici, à Bordeaux, port ouvert sur l’atlantique, point de départ et d’arrivée d’autres expéditions guerrières et de conquêtes tout aussi criminelles.

Jules Ferry le Tonkinois

Un collectif militant composé de citoyens et d’associations se mobilise autour du nom des rues d’une histoire plus récente. Pour beaucoup le nom de Jules Ferry évoque l’école républicaine gratuite et laïque, c’est vrai, mais il a été comme d’autres grands hommes de la IIIè République (Paul Bert, Bugeaud, Lyautey, Thiers etc.) un fervent colonialiste surnommé Ferry le Tonkinois, partisan de la colonisation de l’Indochine, le justifiant “pour y apporter la civilisation et la la République (???)” masquant de fait la volonté de constituer un Empire colonial français …… sur le dos des peuples colonisés.

Le Guide du Bordeaux colonial

Cette histoire nous la travaillons pour aboutir à un ouvrage, Le Guide colonial du Bordeaux et Métropole, référençant ces histoires masquées, oubliées, cachées et qui indirectement constituent un discours silencieux et insidieux, justifiant aujourd’hui encore les ferments d’une idéologie coloniale et raciste.

Il n’est pas concurrentiel mais complémentaire à celui des rues négrières. Si le sujet vous intéresse, en partenariat avec la radio la clé des Ondes (90.10), le réseau Sortir du colonialisme 33, le MRAP, la Ligue des Droits de l’Homme, Survie Gironde, Cauri , notre association PourQuoiPas, et beaucoup d’autres, vous pourrez écouter l’émission hebdomadaire du Guide du Bordeaux colonial sur la clé des Ondes chaque mercredi à 14 h.

Alors si notre projet est d’écrire un Guide colonial à Bordeaux Métropole notre émission éponyme sur la clé des Ondes sera de l’illustrer chaque semaine. Nous suivre sur facebook ici

Nous suivre sur la clé des Ondes tous les mercredi 14 h vendredi 12 h et dimanche 18 h

A l’origine du nom des rues

En France, les noms de rues (appelé aussi odonyme ou hodonyme) datent du Moyen Âge. Le nom des rues était alors attribué en fonction de la situation de la rue ou du lieu (rue des abattoirs, des Bahutiers, du Pont Long, place du marché, route des pins).

Au XVII, la dénomination fonctionnelle change pour des noms de personnages politique, artistes ou notables (rue Molière, place Colbert).

A la Révolution, ces noms célèbres laissent place à des valeurs du moment (rue de la Liberté, place de l’Egalité, route de la Nation, rue Messidor).

Sous l’Empire, les grandes batailles donnent des idées et c’est à ce moment que l’on voit apparaître des odonymes rappelant les grandes victoires de l’empereur ou des personnages militaires (Place d’Austerlitz, rue Masséna).

De nos jours, les noms de rues n’ont plus de nomenclatures précises et un mélange de toutes les tendances historique se retrouve dans les noms de rues d’une ville (place de la fontaine, rue Jules Ferry, cours Thiers, Avenue de Wagram, Passage des alouettes, Avenue de la libération, etc…).

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