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En préparation à notre déambulation « Jardins en ville une histoire partagée« , voici une mise en bouche autour des arbres de la Liberté. Cette ballade s’inscrit dans le cadre de la Fête des Jardins partagés à Bordeaux qui se tiendra les week end des 21/22 et 28 /29 septembre. Rdv à 15 h au Jardin Public samedi 28/29 septembre inscrivez vous ici

A l’origine des arbres de la Liberté.

Selon l’épopée révolutionnaire rapportée par l’abbé Grégoire dans son « Essai historique et patriotique sur les arbres de la liberté, paru en l’an II, », la plantation du premier arbre de la liberté aurait eut lieu le 1er mai 1790, pour rendre hommage à la nouvelle municipalité de Saint Gaudens dans la Vienne.

Cette coutume « païenne » combattue par par l’Église, renouait avec celle de l’Antiquité et les cultes autour des arbres, de la nature (gui, forêt etc… ) prolongement de l’influence de Rousseau et des Lumières.

La plantation sur les places publiques dans de nombreuses régions de France «d’un arbre de mai », symbolisant le renouveau, était à la fois occasion de réjouissances populaires, mais aussi revendicatrices, dirigés contre les droits féodaux, précédant ainsi la tempête révolutionnaire. Lire La fête révolutionnaire de Mona Ouzouf

Aujourd’hui encore en Dordogne, on peut toujours voir fleurir des mats décorés à la gloire des nouveaux élus municipaux. ici

Après la Révolution, inspiré par l’exemple des américains qui après la guerre de l’indépendance dressaient des poteaux de la Liberté, une forêt républicaine (60 000 arbres) surgit, encouragée par le culte de l’Être Suprême et la défense de la Patrie.

Depuis, à chaque poussée révolutionnaire en France fleurissent les arbres de la Liberté. (1830/1848/1871), beaucoup abattus au retour de la réaction

Bordeaux n’est pas en reste on en plante :

  • Place du Champs de Mars le 18 brumaire An III (8 novembre 1794),
  • Place de Féger, du Bonnet Rouge ou Louis (Place Picard), sur le port, sans oublier la Place Dauphine (Gambetta) et les Quinconces où l’arbre sera arraché en 1796 puis replanté.
L’arbre de la Liberté est remplacé Place Picard une statue de la Liberté réalisée par Bartholdi en 1888.
Elle est inaugurée par le président de la République, Sadi-Carnot le 27 avril 1888.

Enfin ils gravés dans la pierre et donne un nom à une rue, celle de l’arbre chéri

Nom de rue à Bordeaux

Le saviez vous ?

Si Rouget de Lisle, a écrit les 6 premiers couplets en 1792 à Strasbourg de la Marseillaise, il en existe une quinzaine d’autres dont celle écrite en 1794 par Collot d’Herbois magnifiant l’arbre de la liberté,

Arbre chéri, deviens le gage
De notre espoir et de nos vœux !
Puisses-tu fleurir d’âge en âge
Et couvrir nos fils, nos neveux,
Et couvrir nos enfants bienheureux !
Que sous ton ombre hospitalière,
Chacun ait un toit, un foyer,
Du pain, l’honneur et un métier,
A l’abri du joug de la misère !

Du peuple souverain,
formons les bataillons !
Marchons ! marchons !
qu’un chant de gloire
unisse la nation !


La plantation d’un arbre de la liberté en 1790, par Jean-Baptiste Lesueur.

Plantés, coupés au gré des périodes politiques), peu d’arbres de la liberté existent encore aujourd’hui, payant de leur vie les vicissitudes de l’histoire politique des hommes, victimes directes ou indirectes des projets urbanistiques et de l’expansion de la ville comme dernièrement les 18 marronniers de la Place Gambetta (ou se trouvait la guillotine au moment de la Terreur) et Monsieur Juppé, tel le bon docteur Guillotin pour notre bien surement a lui aussi tranché si j’ose dire. Tant pis pour les arbres.

Ou sont les marronniers de la Place Gambetta ????

Au delà du folklore, l’arbre symbole de la vie, questionne sur la continuité, la croissance, la force et la puissance de notre société humaine, lui rappelant qu’elle est intimement liée à la Nature et qu’elle se doit de vivre en harmonie avec elle.

Ces mobilisations populaires ne sont pas l’arbre qui cache la forêt, mais elles révèlent la prise de conscience de plus en plus large des populations devant les bouleversements climatiques qui arrivent. et l’absence de prise en compte de nos édiles.

C’est une question de survie.

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