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La mémoire d’hier nourrit les combats d’aujourd’hui

Un 10 mai contre l’esclavage et pour la liberté, c’est le sens de notre engagement cette année encore et notre participation à plusieurs initiatives de cette Journée commémorative de l’abolition de l’esclavage : se souvenir d’une histoire synonyme de crime contre l’humanité et dénoncer toutes formes l’esclavage moderne.

La ville de Lormont, célèbre le 10 Mai

Présentation d’une exposition et des animations à Lormont dans le cadre de la 14e Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage et du 21e Mémorial de la traite des noirs par l’association Mémoires et Partages.

Karfa Sira Diallo nous a lu lors de cette cérémonie le poème Minerai noir de René Depestre:
« Quand la sueur de l’Indien se trouva brusquement tarie par le soleil 
Quand la frénésie de l’or draina au marché la dernière goutte de sang indien
De sorte qu’il ne resta plus un seul Indien aux alentours des mines d’or 
On se tourna vers le fleuve musculaire de l’Afrique 
Pour assurer la relève du désespoir 
Alors commença la ruée vers l’inépuisable 
Trésorerie de la chair noire 
Alors commença la bousculade échevelée 
Vers le rayonnant midi du corps noir 
Et toute la terre retentit du vacarme des pioches 
Dans l’épaisseur du minerai noir 
Et tout juste si des chimistes ne pensèrent 
Au moyen d’obtenir quelque alliage précieux 
Avec le métal noir tout juste si des dames ne 
Rêvèrent d’une batterie de cuisine 
En nègre du Sénégal d’un service à thé 
En massif négrillon des Antilles 
Tout juste si quelque curé 
Ne promit à sa paroisse
Une cloche coulée dans la sonorité du sang noir 
Ou encore si un brave Père Noël ne songea
Pour sa visite annuelle 
A des petits soldats de plomb noir 
Ou si quelque vaillant capitaine 
Ne tailla son épée dans l’ébène minéral 
Toute la terre retentit de la secousse des foreuses 
Dans les entrailles de ma race 
Dans le gisement musculaire de l’homme noir 
Voilà de nombreux siècles que dure l’extraction 
Des merveilles de cette race 
O couches métalliques de mon peuple
Minerai inépuisable de rosée humaine 
Combien de pirates ont exploré de leurs armes
Les profondeurs obscures de ta chair 
Combien de flibustiers se sont frayé leur chemin 
A travers la riche végétation des clartés de ton corps 
Jonchant tes années de tiges mortes 
Et de flaques de larmes 
Peuple dévalisé peuple de fond en comble retourné 
Comme une terre en labours 
Peuple défriché pour l’enrichissement 
Des grandes foires du monde 
Mûris ton grisou dans le secret de ta nuit corporelle 
Nul n’osera plus couler des canons et des pièces d’or 
Dans le noir métal de ta colère en crues. »

Inauguration de la statue de Modeste Testas quai Louis XVIII à Bordeaux

Inauguré ce vendredi 10 mai sur les quais rive gauche, elle fait face au buste de Toussaint Louverture qui lui est situé rive droite.
L’implantation de ces deux monuments rappelle ainsi le passé négrier de Bordeaux et le lien avec la Garonne, qui vit avec ce sinistre commerce triangulaire, plus de 500 expéditions négrières (environ 150 000 esclaves), partir et revenir sur le fleuve, enrichissant la bourgeoisie et la ville de Bordeaux. C’est aussi le sens de ces commémorations, ne pas oublier pour ne pas recommencer.

Modeste Testas, capturée et déportée 

Modeste Testas, de son nom original Al Pouessiest une jeune fille originaire de la corne de l’Afrique. Capturée à l’adolescence, puis achetée par les frères bordelais Pierre et François Testas à la fin du 18e siècle, elle est ensuite déportée à Saint Domingue, (ancienne Haïti) pour servir dans la plantation de ses maîtres. François Testas en fait également sa « compagne », ou plutôt son esclave sexuelle.Plusieurs enfants naîtront de ces viols. 

Six générations plus tard, son histoire a été exhumée par sa descendante, Lorraine Manuel Steed. Après en avoir entendu parler par sa grand-mère, cette Haïtienne a entrepris des recherches, puis esquissé un croquis de son aïeule. Un dessin qui sera ensuite repris par le sculpteur Caymitte Woodly, dit Filipo, également haïtien, qui s’en servira comme base de travail.

Le jeune homme, qui vient de terminer un stage à la fonderie des Cyclopes de Mérignac, a sculpté le portrait grandeur nature (1,70m), enrobé de bronze, représentant l’esclave.

Une marche pour la Liberté et contre l’esclavage hier et aujourd’hui encore

Samedi 11 mai à l’initiative de Mémoires et Partages et d’un collectif d’appel à une marche pour la liberté et contre l’esclavage* nous étions une bonne centaine accompagné d’élus et personnalités multiples à nous retrouver entre la Place de la Victoire et le mur des Droits de l’Homme et comme le faisait remarquer plusieurs participants ou était la Femme.

Question de sémantique certes mais pas si innocente. PourQuoiPas appeler ce mur celui des droits humains tout simplement …..

L’égalité est un combat !

LE COLLECTIF DE LA MARCHE:

SOS Racisme – Darwin—PCF Gironde – Mémoires & Partages –  Bienvenue – Union des Travailleurs Sénégalais – La Clé des Ondes  – La France Insoumise—La CGT—02 RADIO- L’Association Panafricaine d’Aquitaine— Boulevard des Potes—Ensemble— l’Union Juive Française pour la paix—AssoPourQuoiPas33—Radio Campus— EELV –  Alternative Libertaire – Congolais de Gironde – Mouvement de la paix de Gironde – NPA

Notre ami et camarade Gilbert Hanna nous a quitté mais son esprit nous a accompagné ce matin là, une cérémonie se déroulait à la même heure, cérémonie qui a retenu de nombreux amis.

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