skip to Main Content

Bordeaux : des habitants du Grand Parc se mobilisent pour soutenir une famille menacée d’expulsion

Lundi 4 février 2019 à 16:48 Par Laurine BenjebriaFrance Bleu Gironde

Une vingtaine d’habitants du quartier du Grand Parc à Bordeaux a assisté à une audience du tribunal administratif ce lundi. Ils sont venus soutenir une famille arménienne menacée d’expulsion. Un combat que parents, professeurs et camarades de classe mènent depuis deux ans.

Camarades de classe, parents et professeurs sont venus assister à l'audience du tribunal administratif de Bordeaux pour soutenir cette famille arménienne menacée d'expulsion
Camarades de classe, parents et professeurs sont venus assister à l’audience du tribunal administratif de Bordeaux pour soutenir cette famille arménienne menacée d’expulsion © Radio France – Laurine Benjebria

Bordeaux, France

La solidarité de tout un quartier ce lundi au Tribunal administratif de Bordeaux. Anna et Samuel Lazarov* ont 15 et 13 ans. Ils ont fui l’Arménie quand leur père, ancien fonctionnaire, a été menacé. En 2014, ils s’installent dans le quartier du Grand Parc à Bordeaux : les parents font du bénévolat dans plusieurs associations tandis que les enfants sont scolarisés aux collèges Cassignol et du Grand Parc. Mais il y a deux ans, leurs demandes d’asile politique ont été rejetées et ils risquent d’être expulsés. Il leur reste des recours, notamment devant le tribunal administratif où ils sont passés en audience ce lundi. Leur affaire a été mise en délibéré, le tribunal devrait rendre sa décision dans trois semaines. Pour leur avocat, Me Cesso, cette famille est un exemple d’intégration, prenant pour preuve la présence lors de l’audience d’une vingtaine de personnes… voisins, professeurs et camarades de classe. Il y a deux ans, ils ont créé un comité de soutien, et depuis ils multiplient les actions.

Anna, Samuel et leurs parents avaient rendez-vous dès 9h30 ce lundi au tribunal administratif de Bordeaux, où ils ont été accueillis par une vingtaine de parents d’élèves, professeurs et camarades de classe. Parmi ce comité d’accueil, des amies d’Anna comme Zoé, 15 ans qui a séché quelques cours de troisième pour assister à l’audience, et soutenir sa copine. « J’ai envie qu’Anna reste (…), elle est là pour nous alors je pense qu’elle mérite qu’on soit là pour elle » explique Zoé.

Touchés aussi par la situation de cette famille, les parents d’élèves. Depuis deux ans, Emmanuelle ne rate aucun rendez-vous. Elle reste déterminée à chaque procédure judiciaire avec toujours en ligne de mire : l’avenir des enfants. « On voudrait que ces enfants grandissent comme les nôtres« .

« Ces enfants ont le droit de grandir comme des enfants et pas avec cette épée de Damoclès autour de la tête » – Emmanuelle

Un soutien qui émeut Anna et ses parents. Anna n’avait pas osé donner la date de l’audience à ses amies, c’est l’un de ses professeurs qui a vendu la mèche : « de voir que mon professeur et toutes mes copines sont là pour moi, ça me touche vraiment, je me sens plus forte« . Malgré tout ce stress, cette élève de Troisième tente de se concentrer sur le brevet qu’elle passe cette année, elle qui est décrite par tous comme l’une des meilleures élèves de sa classe. « Mes études ça passe avant tout, j’essaie de mettre tout ça de côté (…), j’aimerais aller dans un lycée général pour continuer mes études parce que j’aime bien apprendre de nouvelles choses« . Anna a déjà une petite idée du domaine dans lequel elle souhaite étudier : le droit.

* le nom et les prénoms ont été modifiés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back To Top
Rechercher