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Le peintre Francis David nous a quitté début juin 2018 

Pour ses amis, c’est une double perte, humaine et artistique. Nous avions en commun avec Francis David ce petit truc, l’amour de la vie qu’il savait reproduire et partager dans sa palette de couleur.
Peintre parisien, il fut entre autre le peintre du canal Saint Martin et de ses atmosphères, plus colorées que celles d’Arletty.

Si la photographie à la Doisneau a capturé un Paris en noir et blanc , Francis, lui l’a fait en couleurs, sublimant la capitale.

Pour voir le reportage c’est ici

Francis David un peintre parisien

Bien sur le canal Saint Martin, mais aussi Beaubourg et sa place grouillante de monde, les rues du Quartier Latin, sans oublier les brasseries, les terrasses de café bref des lieux de vie.

Très peu de portraits. Francis ne négligeait pas pas l’Individu mais sa peinture était à l’image de sa propre modestie. Il l’abordait dans sa globalité.

L’Autre c’était avant tout, tous les autres.

Les visages cédaient la place aux couleurs des vêtement, aux déplacement des corps, exprimant peut être mieux pour lui la nature profonde de chaque être peint dans un ensemble. C’est de cet ensemble (série sur les foules), foules à la fois anonyme ou chaque personnage se singularisait, grâce à la chaleur de sa palette, donnant ainsi à ses toiles un ensemble vivant, luxuriant et chaleureux.

Francis David, une rencontre

Animateur socio culturel dans un CE parisien, j’ai rencontré Francis à la fin des années 80, je parle du siècle dernier. Nous cherchions un thème pour présenter un spectacle liant, musique, théâtre, peinture, cinéma pour une fête de fin d’année réunissant les clubs et ateliers du CE.

L’idée de la foule nous avait semblé intéressante pour la création d’un spectacle. Et quand on parle de foule on pense à la chanson d’Edith Piaf : la foule ici 

Pas de souvenir précis de qui nous a mis en relation. Francis David a fait irruption dans nos vies, y apportant toute sa gentillesse, son talent, son art et la conviction de travailler artistiquement avec nous petits employés de bureau.

Pour Francis Paris fut une fête

Il me revient cette citation de Michel Audiard : Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière….   non pas que Francis soit « fêlé », mais le scintillement, la question de faire entrer la lumière dans ses toiles a été une préoccupation permanente dans son travail., illustré par ses séries sur les arbres, entre autre ceux des Grands Boulevards.

Une rencontre personnelle

A travers l’explosion de couleurs une chose dirigeait Francis, la sincérité et la recherche. Notre rencontre pou un travail artistique sur la foule devait se prolonger pendant mes années parisiennes. Exposition au CE du CIC, à la Galerie du Cheval de Sable à Paris et dans d’autres galeries ne l’éloignait pas de la recherche. Sa collaboration et animation du groupe de Figuration critique (le lien c’est  ici) en était la preuve.

Ce mouvement est né en 1978, en réaction à l’invisibilité du figuratif, écrasé par l’abstraction très à la mode à l’époque. Critique, cette figuration le revendiquait,  ainsi naquit  Figuration Critique, avec la tenue de son premier salon annuel en novembre 1978.  Francis me mit en relation avec d’autres artistes participant à ce courant ce qui nous permit de les inviter à exposer dans nos locaux et d’en faire profiter le personnel de l’établissement.

Je trouvai l’appui de Francis pour briser les frontières entre la création artistique et le public, la peinture étant bien souvent enfermée dans les musées et autres galeries réservées. Son engagement !

Quelques artistes : Iris Vargas et ses marbres sauvages ici , Patrick Guicheteau ici , Francine Rosenwald ici, sans oublier le maître Kojiro Akagi le plus parisien des peintre japonais, ici .

Oui ce fut un beau travail d’équipe. Je pense à Bernard, Pierre, Laurence, Sylvia, Gérard ou Jean  qui ont supporté ce travail et tous les élus du CE qui nous en ont donné les moyens.

Merci à toi cher Francis et tous les jours tu es présent à mes côtés par l’intermédiaire de ce tableau (travail sur la foule) et intitulé Révolution Française, un autre évènement majeur porteur des espoirs que nous partagions.

Face à la sale maladie des années 80, ton esprit et ton corps ont lutté et triomphé.  C’est le cœur que tu avais si gros qui à lâché dans ta soixante cinquième année.  Adieu cher camarade, continue tes ballades de terrasses en café, dans les brasseries si pleines de vie et que ton esprit accompagne la lumière que filtre les arbres parisiens à travers leur feuillage !

Francis, comme d’habitude, je te laisse le dernier mot :

« Le visuel de la peinture ne servirait qu’à accéder à l’invisible de la réalité. Nous devons arriver à dépeindre quelque chose qui ne se voit pas qui se sent et qui se sait. Ce n’est pas le visuel de la scène qui nous intéresse, mais ce qu’elle véhicule. La façon dont elle nous aide à nous définir nous mêmes. Dans l’émotion dans le désir de vivre. Les miens, les vôtres. »

Quelques images de Francis : blob:https://www.dailymotion.com/e1305129-76a7-4012-ad4d-50ad2fda3354

 

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